La conscience planétaire
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Pour un grand ménage de printemps...

Avant-propos.

27 juin 2008, par By JIM

« La création doit devenir récréation. »
(Bob Black. « Travailler, moi ? Jamais ! »)

« Nous voici tranquillisé sur un point : à l’heure où le terrorisme les frappe à coups redoublés, aucun d’entre-eux ne s’avisera plus de chier sur le négatif, au risque de se voir renvoyer ses propres étrons par colis piégé... »
(Propos entendus dans un rêve le 17 octobre 2001.)


Le conformisme en tout, la petitesse et le grand sommeil sont les attributs de cette époque que nous vomissons. Son maître d’œuvre ? Le petit homme de Reich... Le petit homme de Reich ou le dernier homme de Nietzsche le dernier homme de Nietzsche..., celui que nous avons par ailleurs surnommé l’homoncule. En tentant d’en cerner l’ahurissante bêtise, d’entrevoir ses motivations débiles, son but nous est apparu clairement : il veut réduire le monde à son image, combler l’immense lacune de son existence par une universelle expropriation.
Pour le contrer, une initiative censée doit convoquer sa disparition. Et en matière de stratégie, rien ne vaut le recours aux armes de l’ennemi. Stratégie qui se réduit donc au constat que tous les coups sont permis...

Celui qui s’adonne aux délices de la négation - à propos du vrai comme du faux - dispose d’un avantage décisif en ces temps où l’on bavasse en refusant « d’être négatif » par commodité commerciale. Il ne rencontrera guère de concurrents sur ce terrain, si ce n’est sous la forme de polémiqueurs insipides. Ces derniers, toutefois, seront si médiocres dans leurs assauts verbeux qu’ils s’avèreront incapables de le contredire durablement. Ils sont décidément bien trop indigents pour faire autre chose que de la télévision. Elle est leur expédient afin de s’infiltrer dans les centres déjà bien ramollis de la pensée moderne…

Puisque l’époque appartient à ses faux jetons, il fallait bien prendre les devants pour réaffirmer cette évidence : « non » est complémentaire de « oui ». Ils sont tous deux les produits du gros cerveau qui nous habite. Le « non » a ceci d’intéressant que lorsqu’on l’oppose à lui-même, le résultat donne « oui ». Évidemment, ce « non » qui affirme après coup, ce nihilisme actif, ne sera pas fondé sur la mesure et la recherche de relations quantifiables. Tout ceci est un jeu, une aventure, une débauche d’incrédulité en vue de contrecarrer - pour notre usage personnel - la positivité de leur matérialisme crasseux.

Nous sommes donc venu apporter notre contribution à la destitution de renouer une dernière fois avec le travail du négatif... la positivité indiscutable et renouer une dernière fois avec le travail du négatif . Une dernière fois, car nous avons horreur du travail répétitif.
Ce « dernier des Nihilisme » n’espère surtout pas insérer par la force une colonne vertébrale dans un corps d’invertébré. Il ne tient pas non plus à démontrer qu’« un autre monde est possible » puisque les faits le démontrent déjà et nous suggèrent de fuir pendant que c’est encore possible...

A quoi bon s’accrocher aux convictions quand rien ne semble devoir les justifier ? Écrire ou tourner un film en vue de changer le monde débouche invariablement sur un bizness plan. les convictions ne décorent bien qu’une pierre tombale cadrée pour un plan de coupe... Pour ceux qui en doute, il leur suffit de songer aux litres d’encre et aux kilomètres de pellicules consacrés au seul progrès de la vérité dans le monde pour bailler à s’en décrocher la mâchoire...

Ce « dessin » du négatif - venu tard et sans illusions - ne s’est donc pas esquissé du fait de l’apparition d’arguments nouveaux mais tout simplement parce que les arguments sont devenus inutiles. Dès lors qu’il n’y a plus rien à ajouter, il faut conclure par des propositions qui obtiendront l’agrément des paresseux. De l’abstention au non-agir se laisse découvrir des pratiques de résistance et leur consécration par la joie. Le choix en la matière n’est pas restreint quoique le but visé soit sans ambiguïtés : il s’agit de se mettre en « vacances » en cultivant le « loisir » en toutes choses.

Pour la conduite de ce propos, il faudra bien verser un peu dans l’outrance et faire montre d’un zeste de lucidité, jusqu’à considérer qu’un tel discours restera probablement lettres mortes… Ici, « lettres mortes » signifie « inutile », ce qui ne veut pas dire sans utilité. Est inutile, dans le cas présent, ce qui ne peut pas faire l’objet d’une vente, ce qui est sans valeur marchande. C’est donc sans la moindre retenue que nous nous soumettons au devoir d’inutilité, puisque ce qui est inutile est invendable et ce qui est invendable est irrécupérable…

Il faut néanmoins comprendre que l’heure même de ce genre de plaisanteries est presque révolue. Les temps changent à vive allure… La génération suivante, si elle s’entiche encore de la pensée négative dont nous restons si friand, ne s’en délivrera pas en la ressassant. Il y a fort à parier qu’elle mettra de facto les charognes qui l’ont suscité au chômage (le préliminaire des « vacances ») ; ou bien, à défaut, elle leur crèvera la panse…

En tout état de cause, verser dans le pathos des « grandes âmes du théâtre de l’indignation » est une attitude dont il faut faire l’économie, ne serait-ce que pour une question de bon goût. Aussi le lecteur prédestiné à la récréation perpétuelle trouvera-t-il quelque agrément dans ces textes. Quant aux puceaux de la pensée qui recherchent, comme les veaux devant le foin, une issue constructive à leurs tourments, ils feraient mieux de passer leur chemin...


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