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vendredi 30 juillet

Apologie du Don à l’étalage

par babybrul
 
 
Le Don à l’étalage (D.A.E) est une pratique de piratage du système marchand qui consiste à déposer des objets gratuits dans les rayons des commerces, sans autorisation. On peut ainsi, comme le fait la fondation Babybrul, mettre des CD gravés gratuits dans les bacs des grands disquaires, des brochures photocopiées gratuites dans les rayons « nouveautés littéraires », des DVD gravés ou des K7 vidéos dans les rayons blockbusters, etc.

autoproduction

Dans l’optique de gratuité du D.A.E, on met de coté l’aspect rentabilité économique d’une activité pour envisager plutôt de manière critique la circulation du produit de cette activité. Critique parce qu’on remet en question la distribution commerciale et son efficacité en posant comme but l’accès libre de chacun-e à ce qui est distribué.

En ce qui concerne la musique, cette façon non-conventionnelle de distribuer un disque va de pair avec des procédés d’autoproduction favorisant un coût de prodution plus ou moins égal à zéro : home studio, gravage de CDR ou copies de K7, pochettes artisanales etc. Mais cela s’applique également à d’autres domaines comme l’auto-édition de brochures, de films sur K7 vidéos, etc.

copyright / copyleft

Le Don à l’étalage n’est pas une marque déposée ou une pratique exclusive de la Fondation Babybrul qui la développe en France. Le copyright n’a plus lieu d’être dans la mesure où c’est la circulation sans restrictions qui importe, et non l’échange valorisé par l’argent. Sur ce point et sur la question des droits d’auteur, l’alternative permettant de revendiquer une œuvre tout en n’interdisant pas sa reproduction, son utilisation, sa modification, sa propagation est la license libre, dite copyleft, qui donne aux utilisateurs les mêmes libertés que celles dont le copyright les privait pour n’en faire bénéficier que l’auteur [1].

Cette notion adaptée des licenses de logiciels libres est également appliquée dans les domaines de la création matérielle, la musique, l’image, la vidéo. Mais en théorie dans le copyleft il n’est pas exclu de pouvoir distribuer commercialement une œuvre sous cette license. Et parfois cette « philosophie » du libre peut n’être appliquée qu’en ce qui concerne une circulation immatérielle et prendre fin dès qu’il s’agit d’en faire un support physique, de graver un CD ou de publier sur papier quand l’auteur le spécifie.

pirates interstitiel-le-s

Avec le Don à l’étalage il ne s’agit même plus de parler de droits, mais de piratage, un piratage interstitiel. L’interstice ici, c’est l’espace-temps des bacs de disquaires, ou des rayons littéraires quand personne ne les surveille, quand personne n’imagine qu’on peut perdre du temps et de l’argent pour fabriquer des choses gratuites et les déposer là sans le demander à personne. L’idée du D.A.E est bonne parce qu’elle est interstitielle ; bien que n’étant pas dans l’intérêt du capitalisme puisqu’elle exploite le temps et l’espace marchand d’un commerce sans compensation monétaire, elle n’est pas prévue, elle surprend, et elle peut faire exister ce qui jusque là n’était pas imaginable, simplement en inversant et en dépassant la règle de base qui fait en sorte que les marchandises sont à leur place dans les rayons comme par magie et que personne n’ose les prendre sans s’acquitter d’un droit.

expérimentation et limites

« Le Don à l’étalage, c’est le dépassement du rêve des échanges marchands et de la circulation des marchandises par leur réalisation pirate : voir son objet, un peu de soi, son disque, sa bédé, son texte, son livre dans les rayons des grands magasins accessibles à tous gratuitement comme le dernier des produits convoités.

C’est le sentiment de jouer à quelque chose de nouveau, d’avoir encore un temps d’avance sur l’époque, la Culture et la législation [...], de prendre dans le sytème une place qu’il ne nous a pas donné, sans rien lui devoir en contre-partie, profiter de son développement obscène en montrant les limites de ses propres illusions, les limites de la légalité, les limites de l’hypocrisie démocratique et sa “libre expression”.

« Quand je place mon disque dans les bacs de la FNAC c’est comme si je détournais l’histoire dans les manuels scolaires. » [2]

En soi la pratique du D.A.E n’offre pas une alternative absolument efficace à la circulation marchande. Il y a toujours le risque que des vendeur-euse-s enlèvent les objets déposés. Et puis, à moins d’une organisation collective de grande ampleur, cela reste à une échelle locale. Mais l’intérêt est dans le coté Do It Yourself de la pratique, les petites séries de disques, les pochettes artisanales. L’activité est gérée du début à la fin, chose dont le capitalisme nous a privé en nous ôtant purement et simplement toutes sortes de moyens de productions pour en faire des industries, avec des machines, des savoirs, des conséquences séparées de notre quotidien.

Mais pour la Fondation Babybrul les différents épisodes concernant les opérations de D.A.E du disque de Fuzzkhan relatés sur le site internet sont aussi à titre d’argumentation d’une critique théorique et pratique des valeurs pourries qui animent les différents corps institutionnels et privés de notre société.

En cela il vaut mieux porter et appliquer directement des principes qui ne posent pas les mêmes barrières que le capitalisme, barrières qui sont
— la propriété privée, qui réduit les choses (et les êtres) non plus à être utilisés mais à être possédés, (à remplacer par la propriété d’usage qui désigne un-e propriétaire en fonction de l’utilité personnelle qu’il/elle a d’un bien)
— le mérite, qui soutient l’idée de l’appropriation pour le seul profit, et le commerce, qui serait le seul véritable lien social qui unit tous les peuples,( annulés par le don gratuit).

C’est aussi par souci de cohérence et par peur d’être inévitablement récupéré par une Culture qui se donne trop facilement des airs alternatifs, et qui tolère la transgression et la critique seulement si elle est intégrée aux circuits marchands, que la musique de Fuzzkhan reste gratuite.

ne pas « vivre de son art »

Avec le D.A.E, donc, il n’est pas question de vivre de sa musique, de ses images ou de ses écrits, devenus des objets exploités commercialement. Cela apparaît à certain-e-s comme une des limites de cette pratique qui réduit par là une grande partie des « producteurs » à ne jamais espérer gagner une indépendance dans la création en récoltant des fonds ou simplement en revenant sur investissements d’autoproduction même minimes pour évoluer matériellement, tourner en concert, se déplacer pour exposer...

Mais c’est une revendication assumée par la Fondation Babyrul qui distribue avec cette technique un CD de Fuzzkhan (musique électronique - 150 CDR gratuits distribués, par D.A.E, mais aussi de main à main, depuis le début de l’année 2003) et des brochures dont Manifeste contre la Culture (tiré à 450 exemplaire gratuits pas encore épuisés).

Pour Fuzzkhan le fait de ne pas pouvoir « vivre de son art » n’est pas un problème, mais c’est un choix qui va pour lui avec un mode de vie et une « éthique de pirate », où la musique n’est pas déplacée ou utilisée hors d’un contexte social, sacralisée et/ou marchandisée par le monde de l’art.

Ce mode de vie assumé c’est une précarité consciencieuse qui lui permet de vivre « sur les poubelles de ce monde » : « J’habite en squat depuis 3 ans, et je ne travaille plus depuis un peu plus longtemps. Comme j’ai besoin de très peu de moyens financiers pour vivre puisque je ne paye pas de loyer et que je peux me nourrir à moindre frais en faisant des récup de marchés et de supermarchés dans les grandes villes où je vis, et bien j’arrive toujours à me débrouiller pour réaliser mes projets comme je l’entends, sans patrons et sans impératifs autres que ceux que je me fixe librement. Faire des CD gratuits ne me revient pas cher, puisque je vole les CDR et que je fais les pochettes avec du matériel de récup, des boite de cornflakes ou du plastique autocollant orange fluo. Et de toute façon faire les démarches pour trouver un label ou participer à des projets culturels, trouver des subventions et sortir un disque dans le commerce me prendrait plus d’énergie et d’argent que ce que je met à faire les choses moi-même, gratuitement et pour le plaisir. Ca me ferait trop chier maintenant de gagner de l’argent avec ce que je fais, d’avoir la contrainte “professionnelle”, et tout ce qui va avec, un-e manageur-euse, des dates dans des salles avec des entrées payantes, etc. Là je n’ai pas de contraintes particulières qui pourraient faire de ma vie un enfer entre l’usine et les factures et me pousser à chercher un peu d’oxygène et une vie d’artiste. Non, vraiment, sans avoir de parents qui m’aident financièrement ni d’aides de l’État je vis bien, je m’amuse bien, et j’essaie d’en faire profiter gratuitement les autres, voila. »

législation

D’un point de vue légal, il n’y a pas encore de dispositions particulières contre le dépôt d’objets gratuits dans les commerces. Mais voici un avertissement du responsable sécurité de la Fnac de Marseille reçut par Fuzzkhan après des opérations de Don à l’étalage de son disque le 17 octobre 2003 :

« Madame, Monsieur, Nous avons retouvé dans notre magasin Fnac de Marseille au centre Bourse, des disques comportant l’adresse à laquelle je vous écrit. Ces disques, gravés pour certains d’entre eux, ne nous appartiennent pas. Ils comportent l’étiquette “gratuit” invitant, je suppose, nos clients à emporter ces disques. Vous comprendrez que pour des raisons légales concernant le droit de la consommation et impliquant notre responsabilité, nous ne pouvons en aucune manière accepter cette pratique. Ainsi je vous prie de rappeler aux auteurs de ces dépôts que cette pratique, malgré sa générosité, est interdite.

Notre serivce de sécurité pourra à l’avenir procéder à l’interpellation des personnes qui s’en rendent coupables.

Salutations, M. X, Responsable Sécurité Fnac Marseille. »

l’historique ?

Déposer des objets parasites dans les espaces strictement marchands n’est pas une idée originale de tel ou tel collectif, cela s’est surement déjà pratiqué auparavant, même si les personnes qui l’ont fait ne l’ont jamais revendiqué ou n’ont jamais communiqué leurs actions.

Depuis juilllet 2000 aux États-Unis le projet Droplift propose sur internet de télécharger un disque du même nom, gratuit et sans copyright, avec sa pochette, et de le déposer chez les disquaires à la lettre « D ».

Sans en avoir connaissance en 2002, Babybrul déposait des fanzines gratuits dans les bacs à publicité dans la rue et dans les kiosques à magazines dans le métro. Différentes personnes que j’ai rencontrées m’ont parlé d’idées qu’elles avaient eut et/ou réalisées - sans connaitre le D.A.E - de mettre des choses dans les rayons des supermarchés ou autres commerces.

L’essentiel est que cette idée se répande encore, et que tout le monde puisse se l’approprier, pour que le règne du commercial perde de sa magie (voir avec beaucoup d’acharnement de son efficacité) et surtout qu’on arrête de croire en lui pour donner du sens à tout ce que l’on peut produire/faire/créer.

Le Don à l’étalage, ou peu importe comment on l’appelera d’ailleurs, peut donner du sens à des pratiques en les faisant circuler autrement et d’une manière directe, qui n’attend pas d’autorisation d’une quelconque autorité.

C’est bien plus excitant comme ça.

 

[1] Voir, sur les licenses libres, Copyright et Copyleft, par Anne-Laure Dalloz.

[2] Extrait de l’ Appel à création de centres de Don à l’étalage ».

 
 
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Répondre à cet article


> Apologie du Don à l’étalage
9 mars 2005, message de Thierry E Garnier
 
Bonjour, puis je avec votre permission reprendre tout ou partie de votre artticle de Babyrul, apologie du vol à l’étalage svp avec bien sûr toutes les indications de site internet pour la provenance copyright etc... Pour le webzine de mon site internet, la lettre de Thot partie Graphos à la suite du No 26. (bookcrossing)pour No 28 ? http://thot-arqa.com Merci pour votre réponse.
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> Apologie du Don à l’étalage
4 mars 2005, message de Dweezil
 
Exellente ide, mais pour ma part, j’ai plutôt tendance à passer dans le même rayon avec un joli martal (des marteaux) pour supprimer des étales tout ce qui peut polluer mon environment musical. Vous avez dit extrémiste ?
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Don A l’Etalage du nouveau CD de FUZZKHAN
25 février 2005, message de E.M.FUZZKHAN
 

Jeudi 24 fevrier 2005, à Paris

Plusieurs exemplaires du nouveau CD[R] gratuit et copyleft de E.M.FUZZKHAN "SCRATCH K7 et Aventures Interstitielles" ont été Donné A l’Etalage aujourd’hui (c’est-à-dire déposés avec la mention "gratuit" directement dans les bacs sans autorisation), chez un grand disquaire dont le nom commence par la lettre "F", aux Halles, à MontParnasse, et sur les Champs-Elysées (ainsi que chez un autre grand disquaire dont le nom commence par la lettre "V" dans ce même quartier)

Le Don A l’Etalage permet de s’auto-distribuer chez des disquaires "grand public" sans devenir une marchandise culturelle, de faire sa musique chez soi et de graver des CD petit à petit pour les répandre de manière parasite dans les circuits marchands.

Vous aussi vous pouvez le faire. (Et si vous n’avez pas de musique ou pas de graveur et que vous voulez « donner a l’étalage », vous pouvez toujours envoyer un mail avec une adresse postale pour recevoir quelques CD...)

Le précédent CD[R] 6 titres de FUZZKHAN « Thèmes et fuite de Nouvelle Babylone 1 » avait déjà été distribué gratuitement à 180 exemplaires depuis 2003, de main à main et également par Don A l’Etalage, à Paris, Genève, Grenoble, Rennes, Bruxelles etc...

>Téléchargeable gratuitement sur le site http://www.bricomusik.yi.org

[ici la mention Copyleft est une absence de restriction de la part de l’auteur sur l’utilisation, la copie et la diffusion, même partielle de l’œuvre en question.]

fuzzkhan@altern.org

 
en ligne : bricomusik
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> Apologie du Don à l’étalage
16 février 2005, message de E. Stralapesto
 

Monsieur,

je tiens à vous rappeler ou plutôt vous informer que le procédé que vous nommez "Don à l’étalage" fait l’objet d’un dépôt auprès de l’INPI depuis 1997. En conséquence de quoi, les droits d’utilisation de cette technologie sont actuellement réservés pour la France et les pays adhérents à la Convention de Paris de 1955 pour une durée d’encore 7 ans. En outre, je vous rappelle également que le copyright est une notion anglosaxone totalement étrangère au droit français qui lui préfère le droit d’auteur. Nous serons heureux de vous délivrer une licence éligible aux termes habituels. Veuillez, je vous prie, nous contacter au plus vite afin de régulariser votre situation.

Bien à vous,

E. Stralapesto

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> Apologie du Vol à l’étalage ?
7 octobre 2004, message de Lomalarch
 

si je peux me permettre, celui que tu lèses en te servant au supermarket sans passer par la case caisse et sans débourser 20000 €, ce n’est certes pas Monsieur LeclAuRrefour, mais le crétin qui, lui, passe à la caisse.

Car le prix des "pertes pour larcins" est décompté de la marge bénéficiaire et, donc, rajouté au prix de vente !

Maintenant, moi, je dis ça, c’est juste pour être désagréable...

Répondre
>ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, 1BOUTEILLEALAMAIN, 22 octobre 2004
> ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, ERREUR DE CRITIQUE, 25 octobre 2004
> ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, 27 décembre 2004
> ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, yv, 4 janvier 2005
> ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, professeur Harry, 21 février 2005
> ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, 14 mars 2005
> ERREUR DE LECTURE Apologie du Vol ou du Don à l’étalage ?, 4 avril 2005


> Apologie du Don à l’étalage
13 septembre 2004, message de hu
 
c’est aussi un exelent moyen pour refourger des trucs invendables
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> Apologie du Don à l’étalage
9 septembre 2004, message de Kazyam
 

On va pas faire ici l’apologie du vol - ni, encore moins, de l’homophobie, mais permettez ce petit raisonnement :

D’abord, ce n’est ni le “politically correct" ni les lois policières contre les agressions verbales qui nous sauveront de la violence qui monte actuellement dans les mœurs. Un enfant de 6 ans est capable de retourner des injures à celui qui lui en envoie. Ce qui est grave dans l’injure, c’est le harcèlement - pas l’injure elle-même ! J’aime conserver le droit de pouvoir écraser d’injures un connard qui me roule sur les pieds avec sa voiture (et les cas sont nombreux où ce défoulement est tout à fait légitime). Pas besoin d’injures pour faire pression, pour humilier, pour manipuler quelqu’un de faible... Quant à accuser quelqu’un d’homophobie brutalement parce qu’il a utilisé « fiote » dans son texte, c’est reproduire la violence dont on se dit victime. J’utilise salope, connard, fiote moi-même avec une certaine ironique, et j’espère que ceux qui m’entendent auront l’a priori de penser que ce n’est pas tourné contre le genre soi-disant concerné. « Sale youpin » ou « sale pédé », c’est plus radical, mais contre ça il reste toujours le « pitoyable » qui nous met hors de portée de la bave du crapaud. Ce qui compte c’est la mentalité qui règne derrière les mots...

En ce qui concerne le vol, comment considérez-vous le rapport de la publicité et du packaging aux produits qu’on vous vend ? Par exemple, le cinéma. Pour combien de films les producteurs misent essentiellement sur la bande d’annonce, alors qu’ils savent qu’ils sont, en réalité, nuls à chier ? Combien de gens distribuent leur argent à tord et à travers parce qu’entre leur boulot et leur famille, ils n’ont pas la force de résister à une dépense inutile qui leur est inspirée par des avalanches d’incitations ? Si il n’y pas du vol derrière ces pratiques commerciales... En fait, il faut regarder les choses en face : plein de produits du commerce sont d’une utilité ou d’une qualité quasi nulle ou ne justifiant pas un instant leur prix.

Après avoir fait le compte des trucs nazes qu’on a payé dans sa vie, on peut facilement se légitimer une pratique du peer-to-peer jusqu’à la 3ème génération, vous ne croyez pas ? Et même pire ?.. Non, soyons honnête : Big Brother ne nous pardonnerait pas de dire « n’importe quoi » ;-)

KY

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> réponse..., Giordano, 6 octobre 2004


Microsoft collabore-t-il avec les dictatures ?
29 août 2004, message de Militant
 

Amusez vous à masquer (à un premier degré) votre IP pour des raisons d’études scientifiques. En sommes, utilisez un proxy anonyme mis à disposition sur le territoire d’un dictature. Par ex : 61.30.47.22:8080 pour taiwan/chine

Votre connexion est désormais détectée par les serveurs externes comme originaire de taiwan. Et là faite la liste des collaborateurs privés(direct ou indirect) des dictatures.

Microsoft par exemple. Plus de MSN Messenger, qui refuse de se loger. Ni sur le web (pour les cybercafé) ni avec le logiciel client. Interdit de chatter et d’échanger. Les serveurs vous renvoient au mur du silence. Crever de l’autre coté du mur numérique.

Qui a dit ou pensé cette connerie que le net est un réseau donc que les infos sont incontrôlables. Dire que des centaines voire des milliers d’articles de sciences sociales se sont écrit alors que les auteurs ne comprenaient même pas se que c’est que le routage et les serveurs DNS(alors IPv6)...

Internet est un MEDIA basé sur une structure pyramidale (de serveur DNS) et même le routage IP peut-être réguler (difficilement j’en conviens mais pour qui ? pour le techis pas pour un Etat.)

La liberté est politique jamais technique. Elle est le fruit d’une lutte entre l’Etat(qui n’est que la cristalisation dynamique des rapports de force) et la société civile.

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> Microsoft collabore-t-il avec les dictatures ?, 13 octobre 2004
> Microsoft collabore-t-il avec les dictatures ?, 9 novembre 2004
> Microsoft collabore-t-il avec les dictatures ?, 13 novembre 2004
> Microsoft collabore-t-il avec les dictatures ?, Olivier, 2 février 2005


> Apologie du Don à l’étalage
11 août 2004, message de romain
 

La réponse de la Fnac est également intéressante : c’est le distributeur qui est responsable de ce qu’il y a dans ses rayons.

Il apparaît donc _évident_ qu’ils refusent de voir ce genre de pratique se développer, puisqu’ils ne sauraient être responsables de contenus (puisque c’est de cela dont ils peuvent être responsables) qu’ils n’ont jamais accepté de distribuer.

Donc, à part faire mumuse avec/contre le système commercial courant, et susciter une bagarre frontale avec les distributeurs, la pratique du "don à l’étalage" (que l’on peut également qualifier, du coup, de "détournement à l’étalage") n’a pas grand intérêt.

Autant le copyleft a un intérêt (et je le pense sincèrement, ayant participé à la diffusion de la LAL), autant l’expérimentation est intéressante, même celle du DAE, autant l’on voit tout de suite sa limite.

Autre chose. L’article oppose "commerce" avec "gratuité". C’est une faute sémantique grave de confondre "commerce" avec "lucre" ou "usure". Quand on commence à mal employer les mots, on finit par ne plus comprendre ce qu’ils veulent dire... et cela a des conséquences certaines à long terme, sauf beaucoup de sagesse.

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> Apologie du Don à l’étalage, aneth, 11 août 2004


> Apologie du Don à l’étalage
11 août 2004, message de aneth
 

j’adore le concept de copyleft ainsi que l’idée d’occuper les interstices commerciaux. Tout ce que cela engendre en terme d’expérimentation des limites sociales, commerciales, culturelles, mercantiles, humaines... est extrêmement intéressant, voire génial, peut-être même avant-gardiste.

Le seul bémol à cet acte généreux (du don - en libre sevice - de son art) est ce vol de CDR. Si en parcourant votre texte-manifeste, je criais au génie, ce simple bémol (comme une épine dans le pied de mon - votre ? - éthique) a stoppé net mon enthousiasme.

C’est sur ce seul point que le projet Droplift mène plus loin la réflexion et l’acte de D.A.E, car ce faisant, il utilise la complicité de ses utilisateurs/fans : le fait d’aimer et d’adhérer ce que produit Droplift peut (s’il le veulent) les transformer en d’éditeur et distributeur. Plus besoin de vol de CDR et là seulement, je me remets à crier au génie...

En vous souhaitant une bonne continuation et de nombreux "distributeurs"

 
Répondre


> Apologie du Don à l’étalage
3 août 2004
 

"Faire des CD gratuits ne me revient pas cher, puisque je vole les CDR et que je fais les pochettes avec du matériel de récup, des boite de cornflakes ou du plastique autocollant orange fluo"

Pitoyable !

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> Apologie du Don à l’étalage, 5 août 2004


> Apologie du Don à l’étalage
30 juillet 2004, message de vip
 
Pour ce qui est de la libre circulation des livres, un phenomene basé sur le don et l’echange gratuit (au sens large du terme) : le bookcrossing. Ce phenomene n’est pas directement tourné contre les pratiques commerciales, mais l’idee de don et d’invasion de l’espace public (ou espace du public plutot) et sa transformation en lieu d’echange est commune avec l’esprit du DAE.
 
en ligne : Bookcrossing
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> Apologie du Don à l’étalage
30 juillet 2004, message de Daniel D.
 

Je trouve cette idée géniale et à développer dans de multiples domaines. Nous aurons au cours de nos rencontres du mois d’aout à Libourne (Rencontres Annuelles des SEL de France du 18 au 22 aout)) un atelier sur le don. Nous ne manquerons pas de développer ces idées .

encore merci pour tous vos textes et votre travail génial

Daniel Delarasse ( http://archissimple.ht.st )

 
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> Apologie du Don à l’étalage, 6 janvier 2005